Un organisme d'utilité publique qui veut développer la culture d'Oc sous toutes ses formes, dans une perspective désaliénatrice.
Parce que les Occitans ignorent beaucoup de leur histoire, de leur culture, croient, comme on le leur a dit depuis des siècles, que leur langue est un patois. Présentement, au moment où se joue l'avenir des régions, la liquidation de l'économie et des richesses culturelles provençales par exemple, il importe d'en avoir une vision totale pour mieux agir.
C'est la langue d'Oc, née du latin, comme le français, l'italien, l'espagnol, etc. vers le 9e siècle après J.-C.
Le provençal est la variété d'occitan parlée en Provence, le languedocien en Languedoc, le gascon en Gascogne, l'auvergnat en Auvergne, le limousin en Limousin.
- Un certain nombre de lettres ont une valeur structurale et ne sont pas toujours prononcées: les finales de l'infinitif par exemple: amar se prononce ama.
- a en finale est généralement prononcé entre a et o (la tèsta: prononcez la tèsto),
- ò note le son o (ouvert): la ròsa: la roso.
- o, ó notent le son ou: la boita: la bouito.
- e note toujours le son é: un dròlle: un drollé.
- á se prononce selon les dialectes o ou é: diriá: dirio, dirié.
- nh et lh notent les sons mouillés gn et ill: la vinha: la vigno, la filha: la fillo.
Essentiellement parce qu'elle assure l'intercompréhension écrite immédiatement entre tous les dialectes. Une façon décrire pour 13 million d'Occitans, et une prononciation propre aux particularités dialectales. Ainsi est évité le repli culturel sur un dialecte.
Outre celui d'assurer une vie culturelle occitane commune, elle est structurale: elle permet de saisir chaque mot dans le genre, la fonction, l'étymologie, d'où sa rigueur scientifique.
Elle restaure la dignité de la langue, en reprenant la graphie (modernisée) des troubadours, d'où son antériorité et son enracinement historique. Elle permet une saisie globale de notre culture.
- L'occitan était une grande langue de culture au Moyen Âge, celle d'une civilisation raffinée et de la première poésie moderne, celle des troubadours,
- supplantée sans merci (administrativement et socialement) par le français, elle est demeurée longtemps la langue du peuple.
- au 19e siècle, renaissance littéraire avec les poètes populistes, le Félibrige, etc.
- au 20e siècle, nouvelle renaissance occitane, avec la création de l'Institut d'Etudes Occitanes et actuellement: lois d'enseignement, grande production littéraire: roman et poésie modernes, nouveau théâtre, nouvelle chanson, disques, etc.
Il n'y a pas de patois. Il n'y a que des formes dialectales de l'occitan.
Celui que la télé réserve aux réclames ridicules, que l'on s'efforce parfois d'abandonner - c'est la façon de prononcer le français par une bouche faite pour l'occitan. Il faut partir de lui pour retrouver la langue d'Oc.
Pour être plus à l'aise dans son expression et sa personnalité, pour renouer avec une culture populaire, pour témoigner du désir collectif de ne pas laisser tuer une culture et un ensemble humain vidé de plus en plus de ses ressources.
Pour certains, oui. Nous n'en sommes pas. Il nous semble que parler occitan, c'est s'affirmer au sein d'une collectivité ouverte sur un futur digne d'être vécu.
Non, chacun le peut. Il suffit de parler avec les paysans, et en ville, contrairement à ce que croient beaucoup, avec quantité de gens: la génération des plus de 50 ans, les ruraux transplantés, les jeunes de plus en plus (voir la remontée de l'enseignement dans les lycées).
Toutes imparfaites qu'elles soient, les circulaires officielles permettent un enseignement de l'occitan. Surtout, qu'il ne soit pas formel: qu'il retrouve le plaisir de la parole, du rythme, du chant.
Depuis 1979, la confédération des écoles CALANDRETAS assure un enseignement bilingue, gratuit et laïc de haute qualité pour les enfants. Les Calandretas sont reconnues par le ministère de l'Éducation Nationale.
C'est un de nos objectifs: sa remise en circulation publique, normale.